Redemption song

Redemption song
J'écoute Ben Harper, il me berce avec des mots, un charabia anglais, pas difficile à décrypter et que pourtant je ne comprends pas. Je ferme les yeux, ils sont salis, rougis par je ne sais quoi. Je ferme les yeux et je laisse aller ma tête, de gauche à droite, comme un idiot, je me laisse promener par cette musique qui me fait du bien, qui m'apaise, juste pour 3minutes20, pas une seconde plus, mais si, que dis-je, j'active le mode Répéter et voilà, je suis le roi du monde, jusqu'à la fin des temps, je suis condamné à être fou de bonheur, je vais paresser les yeux fermés, je vais mourir comme ça, allongé sur mon lit, une cigarette
à la bouche... - je vais mourir avec
Ben Harper.
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# Posté le lundi 23 février 2009 15:37

Sinistre parallèle

Sinistre parallèle
Une fois, j'ai été. J'ai volé, une fois. Au dessus du monde, j'ai gueulé mon bonheur tellement fort que personne ne m'a entendu. Mais je m'en fichais. J'étais bien, là haut. Oh, je savais que la loi de la pesanteur finirait par me rattraper. Mais je m'en fichais. C'était comme un saut en parachute, profitant de mes minutes à l'air libre, profitant de ce temps où mon corps n'était soumis à rien, j'étais fou de bonheur. Cet instant où mon corps ne tombait pas, il volait, j'en suis sûr. J'en pleurais tant je volais. Et personne ne voyait rien. Mais je m'en fichais.
Nullement désillusionné, je ne veux faire preuve d'aucune pointe de sarcasme mais, bon dieu, c'est fou comme ces moments de détresse sont similaires... On hurle, on pleure parfois. Nul ne voit, nul n'entend. Est-ce que l'on s'en fiche?

# Posté le dimanche 15 juin 2008 13:01

Alors, c'était ça.

Alors, c'était ça.
Je me tiens les côtes tant je ris, tant mon corps est crispé, tant mon ventre me fait mal. Je ris, je ne peux déjà plus m'arrêter. Je trouve la situation désespérément hilarante. Oui, hilarante. Ou peut-être est-ce de ma pauvre existence que je ris, peut-être est-ce de cette vie dénuée de sens, tellement risible, et donc tellement horripilante ? Je ne sais déjà plus, peu importe, je me contente de m'esclaffer, j'en ai les larmes au coin des yeux, j'en ai les larmes sur les joues, sur la bouche, elles coulent, ces salopes, elles trahissent ma colère, ma rage, mon désespoir.
Je ris toujours en pensant que depuis exactement quarante-sept minutes, elle ne fait plus partie de ma vie. Ah. Je l'attendais, ce mouvement de recul, ça y'est, vous vous êtes un peu éloignés pour essayer de me contempler, de voir au-delà de cette hilarité purement nerveuse. Voilà, là c'est le moment où vous vous dites, bien malgré vous, oh, vous préféreriez être compatissants, empathiques et tout ce qui va avec, mais non, non, avouez-le, vous vous dites que j'ai l'air con, à rire, à pleurer, à rager, à me plaindre alors que je suis l'unique responsable de mes maux. A présent, un léger sourire étire vos lèvres, vraiment léger, à peine perceptible, et de ces lèvres que je déteste de s'être crispées en cet invisible sourire, sortent les mots habituels, ceux qui sont censés tout réparer, ou du moins me faire penser à autre chose... Tu l'oublieras, va. C'était pas elle la bonne, tu trouveras vite quelqu'un d'autre...
Là, c'est le moment où je cesse de rire. Je vous regarde. Je vous regarde et j'ai encore plus envie de chialer tellement je vous hais. Je vous regarde me contempler, avec vos yeux malicieux, un peu taquin, je vous regarde appréhender ma détresse, la regarder avec dédain, comme si c'était normal, puisque ça va passer... Et j'ai envie de vous cracher ma ranc½ur, toute mon aversion à la figure, je voudrais vous lancer tous vos mots, vous les balancer et vous faire mal avec, vous faire mal comme ils me répugnent, vous montrer à quel point ils sont inutiles, à quel point ils me font souffrir... Car je les ai sans doute prononcés, moi aussi, ces mots, ces quelques mots qui me paraissaient insignifiants, de coutume, comme des condoléances, comme quelque chose qui se fait, parce que c'est comme ça, parce que, putain, tu dois être malheureux. Mais moi je vais bien, alors je m'en fous, alors je peux librement te les balancer, ces mots, et fais-en ce que tu veux, après tout, c'est ta vie, c'est ton choix, alors assume...
Mais voilà, je souffre, je me sens con, et le comble, j'ai besoin de l'écrire, de salir mes émotions avec d'autres mots, les miens, ceux qu'on voudrait gueuler quand on est dans ma situation. Mais tant pis, c'est trop tard pour reculer, maintenant qu'ils ont pris forme, je n'ai plus la force de les effacer, ils ont pris vie, ils m'encerclent, me regardent eux aussi... Quel abruti je fais.

# Posté le lundi 09 juin 2008 12:12

Je suis un satellite

Je suis, ou j'ai cru être, un être, une entité, un rien, finalement, juste une poussière, au dessus, en dessous, j'ai cru voler, vous survoler, vous regarder. Mais peut-être suis-je en dessous, sous vos pieds, peut-être lève-je la tête pour vous regarder, au dessus de moi, vous m'écrasez, voilà, ça y est, le satellite a chuté.

# Posté le samedi 17 mai 2008 15:29